C'EST LA FAUTE A LE CORBUSIER de Louise Doutreligne

Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo
Photo Thumb
Photo Thumb
Photo Thumb
Photo Thumb
Photo Thumb
Photo Thumb
Photo Thumb
Photo Thumb
Photo Thumb
Photo Thumb

Comédie dramatique

 

Création 2013

 

Mise en scène : Jean-Luc Paliès

Régie générale : Alain Clément

Assistante régie/vidéo : Laura Verveur

Images : Nadira Annan

Sculptures : Odile O

Scénographie : Lucas Jimenez

Costumes : Madeleine Nys

 

Avec : Catherine Chevallier, Claudine Fiévet, Valérie Da Mota, Ruth M’Balanda, Jean-Pierre Hutinet, Jean-Luc Paliès, Carel Cléril, Emilien Gillan, Jean-Baptiste Paliès

 

La réhabilitation du quartier est prévue. Les architectes pressentis par la Ville doivent venir au local rencontrer la population. Ce jour-là, le groupe de musique répète, le buffet est prêt, les habitants ont leur cahier de doléances : des portraits vidéo… Alors, on séquestre gentiment deux architectes : séquences, flashes back, pauses musicales avec vino y tapas partagés en public, rejets et excuses de Le Corbusier, défense et accusation des Grands Ensembles… même si la vidéo tombe en panne, que les musiciens s’improvisent acteurs, que le gardien brésilien s’échauffe et que les architectes se justifient… c’est au final une jeune étrangère, architecte en herbe, qui apportera son petit grain de sel comme un piment venu des pays émergents.

 

Théâtre de l'Epée de Bois, Espace Georges Simenon de Rosny-sous-Bois, Théâtre de Saint-Maur

 

C’est la faute à Le Corbusier a été créé avec le soutien de : La DRAC Île-de-France, Le Ministère de la Culture et de la Communication, La Région Île-de-France Le Conseil Général du Val-de-Marne La ville de Fontenay-sous-BoisProjet soutenu au titre de la PAC / Région Ile-de-France

Le Spectacle a reçu : - l’Aide de l’ADAMI – Copie Privée - l’Aide de la SPEDIDAM - l’Aide à la création du Conseil Général du Val-de-MarneCoproduction Fontenay-en-Scènes et Théâtre de Saint-Maur Résidences d’écriture : Sao Paulo et Brasilia / Lavoir Théâtre Menton Résidences de création : Théâtre de Saint-Maur et Salle Jacques Brel de Fontenay-sous-Bois

 

 

 

« Simples amateurs, vrais ou faux débutants dans le métier ou professionnels aguerris : C'est la faute à Le Corbusier devrait ravir ceux qui ne sont pas indifférents aux enjeux architecturaux de notre temps. Entre théâtre militant et pédagogie joyeuse, la pièce présentée jusqu'au 28 avril par la compagnie Influenscènes au théâtre de l'Epée de bois à la Cartoucherie de Vincennes, déballe sans vergogne ses quatre vérités au monde des constructeurs et à leurs donneurs d'ordre.

Ici foin de didactisme obscur ou de sous-entendus pour "happy few" (sinon une indispensable petite dose de jargon), mais beaucoup de bonne humeur  (...).

Mais la démonstration ne tourne pas à la litanie. Imperceptiblement, un dialogue s'amorce, les échanges fusent, les références surgissent : Niemeyer et Brasilia, Koolhaas et son fameux "fuck the context" ou bien-sûr Le Corbusier et la ville de Chandigarh en Inde. Une forme de concertation s'installe.

Certains trouveront quelque naïveté à vouloir aborder par la "base" un sujet tel que celui des grands ensembles. Pourtant, tout ce qui est dit dans la pièce est irrémédiablement juste. Un chat est appelé un chat et les grandes enseignes ou les champions du béton (tenus pour principaux responsables de la désolation des cités) ne sont pas épargnés. On finit même par être étonné qu'autant de questions puissent être soulevées en si peu de temps.

Dans le programme de C'est la faute à Le Corbusier, Louise Doutreligne, son auteure, s'interroge : "Qu'en est-il de nos cités, de nos barres, de nos villes à la campagne, de nos campagnes suspendues dans les tours, de nos jardins de ville partagés (...) L'architecture et l'urbanisme peuvent-ils être les vecteurs d'une transformation sociale profonde ?"

Venu voir la pièce à titre privé, le président du réseau des maisons d'architecture, Cloud de Granpré, y est retourné avec son conseil d'administration. "Parfois, c'est schématique, mais ça ouvre le débat, reconnaît-il. Cette œuvre, à la fois documentée et profane, peut rassembler des publics assez large. C'est une occasion unique." Une occasion que comptent bien ne pas laisser passer les maisons de l'architecture dont certaines ont déjà prévu d'accueillir le spectacle. Quant à Le Corbusier, on aura compris que tout cela n'est évidemment pas de sa faute.»

Jean-Jacques Larrochelle – Le Monde

 

« La Ville déconcertée

Où va la ville ? Et d’où vient-elle ? La forme des ruches que se donne l’humanité manifeste une partie de son idée d’elle-même. À notre époque, des canyons de verre, d’acier et de béton envahissent le sol et parquent le réel. “C’est la faute à Le Corbusier ?”, dernière création en date de la Compagnie Influenscènes, met en débat cet espace urbain qui assiège plus qu’il ne protège. Louise Doutreligne, écrivain de théâtre, grande activiste au service des auteurs, a élaboré ce texte à partir de son propre vécu en banlieue parisienne. Son travail d’enquête et de création s’est enrichi d’actions culturelles menées auprès des habitants des cités et réalisés dans le cadre d’Influenscènes en partenariat avec des institutions comme le C.A.U.E. du Val-de-Marne.

Au cours d’une séance de concertation dans le local social, des habitants d’une cité à rénover se donnent les moyens de faire entendre leur point de vue sur l’état des lieux. Placée sous l’égide d’une sculpture aux formes du “modulor”, la mesure à l’échelle humaine des “unités d’habitation” créée par Le Corbusier, ils organisent une palabre avec les architectes pour mettre en regard leur quotidien, “La Cité radieuse” et le Brasilia d’Oscar Niemeyer. Abordant le plateau par tous les angles, Jean-Luc Paliès, metteur en scène, déploie la grande échelle géométrique des cités. Son ingéniosité spatiale articule avec simplicité les mouvements de cette fable documentaire dont la dialectique didactique épelle tous les “enjeux” de l’urbanisme contemporain. Le réalisme prosaïque du présent contraste avec les fictions utopiques du passé et met en lumière les chutes d’un réalisé qui ne rime pas toujours avec l’imaginé.

Mais par la grâce de la convivialité, les espacements s’estompent. La chaleur groovante d’interludes musicaux, joués en live, remettent au centre du bâti le cœur battant des habitants. La sève créative de l’humanité qui, comme l’eau, fait de tout obstacle son chemin, fluidifie le nœud urbain. Pays émergeant, la féminité impose au chaos ambiant, sa “douce fermeté”. Madame Le maire, la femme architecte, l’étudiante originaire du Niger, la documentariste passionnée, agissent pour compléter, en les faisant virer, les rêves à demi échoués des hommes du passé. Elles engagent les utopies d’aujourd’hui comme étant des réalités de demain, prônant dialogue, concertation et co-création. “C’est la faute à Le Corbusier ?” représente un authentique théâtre politique, sans idéologie. Un acte de scène appliqué et constructif qui joue son rôle civil et donne à la cité l’occasion, si rare, de se penser, voire de se repenser. ».

Jean-Christofe Carius – Un Fauteuil pour l'orchestre

 

« Le texte de Louise Doutreligne, une immersion dans le cœur sensible des grands ensembles, la rencontre des gens qui y vivent au quotidien, des témoignages toute génération confondue. Dans les années 60, les périphéries urbaines virent l'émergence de tours nécessaires au logement de la classe ouvrière composée d'immigrés et de provinciaux. Le chant des pelles mécaniques s'écoutait de profundis car la terre, transgressée jusque dans les profondeurs de son intimité, était mise à nue sous l'œil des politiques soucieux du mal-logement. Une réalité qui n'a jamais cessé d'être, l'Abbé Pierre en fit le combat de son pèlerinage et malheureusement, l'état de grâce, il ne connut point jusqu'à son dernier souffle.

Des architectes comme Le Corbusier et Oscar Niemyer bâtirent non pas pour bâtir, mais pour permettre à l'homme de vivre ses rêves dans un espace où la dimension-béton peut être synonyme de liberté et de lumière. La Cité radieuse à Marseille et la ville nouvelle de Brasilia ont été le point de départ des dynamiques architecturales redessinant l'environnement urbain.

La pièce, in situ, confronte les attributs de la théâtralogie en intégrant les formes pluridisciplinaires artistiques : la musique, le chant, la vidéo, la lecture, le jeu des comédiens. Ces performances sont le point d'interrogation de la dérive des ex paradis artificiels mêlant le social à l'humain. Jean-Pierre Paliès intègre habilement les témoignages des habitants à la fiction surmédiatisée des cités. Les politiques se donnent bonne conscience en faisant de courtes escales en ces territoires où la promiscuité et la pauvreté gangrènent le quotidien. Quand le premier élu invite des architectes pour repenser le local social, les gens sourient de nouveau. Pour combien de temps ?

La scénographie s'articule avec subtilité dans cette pièce interactive. L'écran vidéo bouge à l'image des projets de réaménagements du local social et des acteurs qui contribuent à le faire vivre avec des activités culturelles ethniques. Entre réalité et prises de conscience, C'est la faute à Le Corbusier est avant tout une docu-fiction sociétale. Les personnages font preuve d'abnégation et l'humour se lit dans leurs yeux. Ce chant du monde livre à l'état brut comme le béton, ses sentiments, ses doutes et en points de suspension ses espoirs. ».

Philippe DELHUMEAU – Théâtrothèque

 

Aller en haut de la page



Mentions légales