SAINT JUST ET L’INVISIBLE
de Claude Prin

Saint Just et l'invisible

Création 1989

 

Qu’en est-il de cet énigmatique jeune homme mort sans un mot sur l’échafaud à l’âge de vingt-sept ans et dont Greuze nous a laissé un portrait où la détente affectée de la pause n’arrive pas tout à fait à dissimuler, au- delà de la rigidité du cou, le regard encore étonné de l’enfance ? Comment deviner que ce jeune homme qui en 91 condamne dans L’Esprit de la République la peine de mort deviendra celui qu’on surnommera l’Archange de la terreur ? Un Saint-Just hors-temps, comme déjà statufié se regarde... et voit sa vie se dédoubler, se décomposer et se recomposer sous son propre regard. Et on découvrira derrière la figure historique un peu monolithique de Saint- Just, un homme avec ses passions, ses forces cachées, ses émotions... on comprendra mieux cette tension incroyable de l’être, cette déchirure qui va aboutir au silence fatal.

 

Mise en scène et scénographie : Jean-Luc Paliès

Avec : Catherine Le Jean, Thierry Chenavaud, Gilles Guérin et les élèves du Lycée Gay-Lussac et des Collèges Calmette et Ronsard de Limoges

Costumes : Jacqueline Brochet

Musique originale: Joël Barret

 

Espace Noriac Limoges et Salle du Conseil Général de La Haute Vienne

 

 

Jean-Luc Paliès, par sa mise en scène originale, d’un baroquisme accompli a su habilement déjouer les pièges de l’hermétisme et de son corollaire inévitable l’ennui. Pour davantage de plaisir théâtral, il a multiplié par trois le personnage de Saint-Just, qui évolue chacun dans une époque respective. Dans la même logique, plus le personnage avance dans l’âge, plus l’acteur est jeune.... Voilà qui n’est pas triste ! De même Robespierre, Hébert, Danton...bref toutes les vedettes de la Convention sont interprétées par des filles qui redoublent d’éloquence sur le présent et l’avenir de la Révolution sur un fond musical funk-rock. Effets de mémoire, ralentis, play-back... le plus large éventail des techniques de jeu est astucieusement distillé... Ils ont convaincu, s’il en était besoin, que l’on peut tout à la fois commémorer la Révolution française et innover.

G.D. LE POPULAIRE

 

Difficile de faire mieux ! Ce mélange de professionnalisme et de fraîcheur a de quoi étonner. Jean-Luc Paliès a choisi de faire une mise en scène sur toute la longueur et même sur toute la hauteur de la Chapelle Jules Noriac. On imagine le travail de réflexion d’abord, puis pratique, pour coordonner les déplacements de tout ce petit monde. Et ça marche ! Certaines images éclairées savamment mettent en valeur les superbes costumes, la musique surprenante, mélange de sons de l’époque et de musique électronique se moule à la mise en scène... et quand ça marche comme ici, ce n’en est que meilleur.

P .J. LA MONTAGNE

 

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